Deux foyers sur trois ont eu trop chaud chez eux cet été. C’est le chiffre le plus marquant du baromètre énergie-info 2026, publié ce 3 novembre par le Médiateur national de l’énergie. L’inconfort d’été, longtemps vu comme un désagrément ponctuel, s’installe à côté du froid d’hiver comme un vrai problème de logement.
Plan de l'article
Ce que dit le baromètre #
Selon le communiqué du Médiateur national de l’énergie, 65 % des ménages déclarent avoir souffert de la chaleur dans leur logement pendant au moins 24 heures l’été dernier. L’enquête a été menée en septembre auprès de 2 000 foyers représentatifs de la France métropolitaine. C’est la 20e édition de ce baromètre.
Le froid n’a pas disparu pour autant : 35 % des ménages disent avoir eu froid chez eux pendant au moins 24 heures l’hiver dernier, et 28 % ont connu les deux, le froid en hiver et la chaleur en été. Pour le médiateur, Bernard Doroszczuk, « la précarité énergétique se manifeste désormais en hiver comme en été ».
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Une hausse très rapide
D’après JeChange, qui a détaillé les résultats, la part des foyers touchés par la chaleur était de 42 % en 2024 et de 49 % en 2025. Elle gagne donc 16 points en un an. Les écarts entre profils sont nets : 73 % en Île-de-France, 71 % chez les locataires, 70 % chez les moins de 35 ans et 75 % chez les ménages qui reçoivent le chèque énergie.
Ce sont des réponses déclarées : l’enquête ne mesure pas la température intérieure des logements. Mais elle dit quelque chose de l’expérience vécue, et elle colle au contexte climatique. L’été 2026 a été le plus chaud mesuré en France depuis 1900, avec une température moyenne de 24,0 °C selon le bilan de Météo-France, comme le rappelle Pleinchamp.
Pourquoi les logements surchauffent #
Parmi les foyers qui ont eu trop chaud, la canicule elle-même est la cause la plus citée, loin devant la mauvaise isolation et la mauvaise ventilation, toujours selon JeChange. Ce classement est logique : on accuse d’abord la météo. Mais deux logements soumis à la même vague de chaleur ne réagissent pas du tout de la même façon.
Un appartement sous les toits, une grande baie vitrée plein sud sans protection, une maison sans arbres ni volets, un logement qu’on ne peut pas ouvrir la nuit à cause du bruit ou de la sécurité : ce sont souvent ces détails qui transforment une journée chaude en nuit impossible. Les locataires sont d’ailleurs plus touchés, en partie parce qu’ils ont peu de prise sur le bâti.
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Préparer l’été prochain dès cet hiver #
Novembre peut sembler un drôle de moment pour parler de chaleur. C’est pourtant le bon : les travaux et les achats d’équipement se planifient mieux hors saison, et beaucoup de gestes protègent à la fois du froid et du chaud.
Les protections solaires extérieures
Le soleil qui traverse une vitre chauffe la pièce bien plus qu’on ne l’imagine. Un store intérieur arrête une partie de la lumière, mais la chaleur est déjà entrée. Les volets, persiennes, brise-soleil ou stores extérieurs bloquent le rayonnement avant la vitre. Si vous êtes locataire, parlez-en au propriétaire ou au syndic dès maintenant, pas en juillet.
L’isolation, utile dans les deux sens
Isoler la toiture et les combles limite les pertes l’hiver et les surchauffes l’été. Pour l’été, la capacité d’un isolant à ralentir la chaleur compte autant que sa performance en hiver : les isolants denses, comme les fibres de bois, sont souvent mis en avant pour cela. Un artisan qualifié peut vous conseiller selon votre toiture.
Ventiler au bon moment
Pendant une vague de chaleur, le bon réflexe reste de tout fermer le jour et d’aérer la nuit, quand l’air extérieur est plus frais. Une VMC en bon état, des bouches propres, et si possible des ouvertures sur deux façades pour créer un courant d’air, font une vraie différence. Vérifier sa ventilation en hiver sert aussi contre l’humidité et la condensation.
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La végétation autour de la maison
Un arbre à feuilles caduques devant une façade sud fait de l’ombre en été et laisse passer le soleil en hiver. Une plante grimpante sur un mur exposé ou une pergola végétalisée produisent le même effet à plus petite échelle. Novembre est justement une bonne saison pour planter.
Un enjeu de budget aussi #
Le baromètre rappelle que la pression financière pèse sur le confort : 86 % des ménages jugent que leurs factures d’énergie pèsent lourd dans leur budget, un niveau record depuis 2007 selon le Médiateur. Le coût des équipements et des travaux reste un frein important. Avant d’acheter un climatiseur, qui consomme et rejette de la chaleur dehors, il vaut souvent mieux commencer par protéger les fenêtres et vérifier l’isolation du toit. Pour les aides aux travaux, le réseau public France Rénov’ reste le premier interlocuteur à contacter.
La leçon de ce baromètre est simple : un logement confortable n’est plus seulement un logement chaud l’hiver. C’est aussi un logement qui reste vivable quand le thermomètre s’emballe.




