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Air intérieur : l’OQEI chiffre ce que la pollution de nos logements coûte encore en asthme et en BPCO

Bonne nouvelle d’abord : l’air de nos logements est nettement moins chargé en polluants qu’il y a vingt ans. Mauvaise nouvelle ensuite : une partie importante des maisons et appartements reste exposée à des niveaux trop élevés, avec des conséquences bien réelles sur la santé respiratoire des enfants et des adultes. C’est le double message de la nouvelle étude publiée par l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI), qui tombe à point nommé : les animations de la Journée nationale de la qualité de l’air, organisée le 14 octobre par le ministère de la Transition écologique, se prolongent jusqu’au 23 octobre.

Que retenir de ce travail, et surtout que changer chez soi dès cette semaine, au moment où l’on referme les fenêtres et rallume le chauffage ?

Une étude menée sur les logements de toute la France #

L’étude a été conduite par l’Anses dans le cadre de l’OQEI, avec l’appui scientifique de Santé publique France. Elle s’appuie sur les mesures de la deuxième campagne nationale dans les logements, réalisée entre 2020 et 2023 en France métropolitaine.

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Dix polluants et sources ont été passés au crible : benzène, dioxyde d’azote, formaldéhyde, humidité et moisissures, particules fines PM2,5, monoxyde de carbone, radon, tabagisme passif, toluène et usage du gaz pour cuisiner. Pour chacun, les chercheurs ont estimé les maladies évitées grâce aux progrès passés, puis celles qui pourraient encore l’être.

Un point de méthode important : les effets ont été calculés polluant par polluant. Les chiffres ne s’additionnent donc pas entre eux, et ne se comparent pas non plus à l’ancienne estimation basée sur des données du début des années 2000.

Des polluants en forte baisse depuis vingt ans #

Le constat le plus encourageant concerne l’évolution des concentrations. Selon l’OQEI, les niveaux de toluène, de formaldéhyde, de benzène et de particules fines PM2,5 ont baissé de 40 à 80 % depuis le début des années 2000.

Cette amélioration n’est pas qu’un chiffre de laboratoire. D’après l’étude, elle a évité à plusieurs dizaines à centaines de milliers de personnes de développer les maladies associées, en particulier l’asthme. Moins de tabac à l’intérieur, des matériaux et des produits moins émissifs, de meilleures pratiques d’aération : les efforts collectifs et individuels ont payé.

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Un logement sur cinq encore trop exposé #

Le tableau n’est pas pour autant rassurant partout. Pour le formaldéhyde, le radon, le benzène et le dioxyde d’azote, des expositions élevées persistent dans près d’un logement sur cinq, au-dessus des valeurs de référence.

Les particules fines restent le point noir. L’OQEI estime que si les concentrations de PM2,5 dans les logements respectaient la valeur guide, on éviterait 47 900 nouveaux cas d’hypertension chez l’adulte, 24 150 cas d’asthme chez l’enfant et 14 400 cas de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) chez l’adulte.

L’humidité, premier levier contre l’asthme des enfants

Le chiffre le plus parlant pour notre quotidien concerne l’humidité. Toujours selon l’étude, supprimer l’humidité visible et les moisissures dans les logements permettrait d’éviter 28 400 cas d’asthme chez l’enfant, davantage encore que la réduction des particules fines. L’arrêt de l’exposition au tabac en éviterait 9 600.

Les auteurs font explicitement le lien avec la précarité énergétique : un logement mal chauffé et mal isolé est un logement où la condensation s’installe, où les murs se tachent et où les moisissures prolifèrent.

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Un coût qui dépasse largement les soins

L’étude chiffre aussi ce que coûtent ces maladies. Pour l’asthme de l’enfant, respecter la valeur guide des PM2,5 éviterait entre 0,9 et 2,9 milliards d’euros de coûts dits intangibles, c’est-à-dire liés à la perte de qualité de vie. Pour la BPCO de l’adulte, ces coûts évitables sont estimés entre 1 et 5 milliards d’euros. Dans les deux cas, ils pèsent bien plus lourd que les dépenses médicales ou les pertes de production.

Ce que l’on peut faire chez soi dès maintenant #

La bonne nouvelle, c’est que plusieurs recommandations de l’OQEI ne coûtent presque rien. Elles prennent tout leur sens en octobre, quand on a tendance à tout calfeutrer.

Aérer, même quand il fait froid

L’OQEI recommande d’ouvrir les fenêtres 10 à 15 minutes par jour, y compris en hiver, et à chaque activité qui émet des polluants : bricolage, ménage, cuisine.

Limiter les sources à l’intérieur

Ne pas fumer ni vapoter à l’intérieur, limiter les bougies, l’encens et les sprays parfumés, utiliser les produits ménagers selon les consignes et privilégier des matériaux et produits peu émissifs : autant de gestes que l’étude met en avant. Les bougies parfumées, très présentes dans la déco d’automne, méritent d’être allumées avec modération.

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Entretenir la ventilation

Enfin, la ventilation doit fonctionner en continu. L’OQEI conseille de ne jamais boucher les entrées d’air ni les bouches d’extraction, de ne jamais couper la VMC et de nettoyer régulièrement les grilles.

Une maison saine, un chantier qui continue #

Cette étude rappelle qu’une maison agréable à vivre n’est pas seulement une question de déco ou de température. L’air que l’on y respire compte autant, et les progrès réalisés depuis vingt ans montrent que les efforts paient. Pour les logements touchés par l’humidité ou les moisissures, le traitement de la cause, qu’il s’agisse d’isolation, de ventilation ou d’infiltration, reste la priorité avant tout coup de peinture.

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