Avec la hausse des prix de l’énergie, des ménages repoussent l’allumage de leurs radiateurs ou baissent le thermostat. L’économie est réelle, mais un logement plus frais voit mécaniquement son humidité relative monter : mieux vaut surveiller ce chiffre pour éviter que les moisissures s’installent.
- Allumer deux semaines plus tard ferait gagner de 105 à 130 euros pour une maison de 100 m², selon le reportage de franceinfo.
- Un air à 19 °C et 55 % d’humidité passe à environ 66 % une fois refroidi à 16 °C.
- Au-delà de 70 % d’humidité sur la durée, les moisissures trouvent des conditions favorables.
- Un hygromètre et une aération quotidienne suffisent à garder la main.
Plan de l'article
- Pourquoi tant de foyers retardent-ils le chauffage cette année ?
- Que se passe-t-il dans l’air quand on baisse la température ?
- Pourquoi les taches apparaissent-elles toujours au même endroit ?
- Est-ce vraiment un sujet de santé ?
- Comment économiser sans laisser l’humidité s’installer ?
- Questions fréquentes
Pourquoi tant de foyers retardent-ils le chauffage cette année ? #
Un reportage de franceinfo publié fin octobre donne la mesure du phénomène. Le fioul domestique a bondi de 66 % en un an et le gaz de 52 %. Un livreur de fioul y raconte faire 8 clients par jour au lieu de 16.
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Le gain de deux semaines sans chauffage y est évalué, pour une maison de 100 m², à 130 euros au fioul, 120 euros à l’électrique et 105 euros au gaz. Pour un budget serré, la somme compte, et ce réflexe se comprend. La question n’est donc pas de le condamner, mais de le pratiquer sans abîmer son logement.
Que se passe-t-il dans l’air quand on baisse la température ? #
L’air froid retient moins de vapeur d’eau que l’air chaud. La même quantité d’eau représente donc un pourcentage d’humidité plus élevé quand la pièce se refroidit, sans qu’une goutte ait été ajoutée.
Le Daily Geek Show a publié fin octobre un calcul parlant, que l’on peut retrouver avec les formules classiques de la vapeur d’eau :
| Température de la pièce | Humidité relative (même quantité d’eau) |
|---|---|
| 19 °C | 55 % |
| 16 °C | environ 66 % |
| 15 °C | environ 71 % |
La durée compte autant que le niveau. Toujours selon cet article, une pointe à 75 % pendant une douche ne crée rien, alors que plusieurs mois autour de 72 % dans une chambre peu chauffée peuvent suffire. Ce seuil de 70 % est un repère d’installation, pas une alerte immédiate.
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Pourquoi les taches apparaissent-elles toujours au même endroit ? #
La condensation se forme lorsque l’air touche une surface plus froide que son point de rosée. Dans un salon à 19 °C et 60 % d’humidité, ce point se situe autour de 11 °C : toute paroi plus froide se couvre d’eau.
Ce sont donc les angles de murs extérieurs, les tours de fenêtres et les ponts thermiques qui prennent en premier, par nuit froide. Une armoire plaquée contre un mur extérieur aggrave le phénomène, car l’air n’y circule plus. Laisser environ cinq centimètres de jeu derrière le meuble, comme le conseille le même article, ne coûte rien.
Est-ce vraiment un sujet de santé ? #
Oui, et c’est documenté. Dans son expertise sur les moisissures dans le bâti, l’Anses indique que 14 à 20 % des logements français présentent des moisissures visibles, selon les sources. Elle parle d’un enjeu de santé publique, avec des effets avérés sur la santé respiratoire et des populations à risque.
Si quelqu’un chez vous a des symptômes respiratoires, ou si les taches reviennent, parlez-en à votre médecin et ne vous contentez pas d’un nettoyage de surface. Le logement peut aussi avoir un problème de fuite ou de ventilation, qu’aucun petit geste ne réglera.
Comment économiser sans laisser l’humidité s’installer ? #
Le premier achat utile est un hygromètre, à poser dans la pièce la plus fraîche, et non dans le salon. La fourchette de confort habituellement citée va de 40 à 60 %. Dans un logement mal isolé, le haut de cette plage sert plutôt de plafond à ne pas dépasser.
L’ADEME recommande ensuite d’aérer 5 à 10 minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes, même en hiver, et déconseille la fenêtre entrebâillée, qui renouvelle peu l’air. Une aération courte évacue la vapeur sans refroidir durablement les murs, à condition de couper les radiateurs le temps de l’ouverture.
Le séchage du linge mérite aussi votre attention. D’après le Daily Geek Show, il représente près d’un quart de l’eau produite chaque jour par un foyer de quatre personnes. Mieux vaut l’étendre dans une pièce aérée ou une salle de bains à l’extraction efficace, et vérifier que les bouches de ventilation ne sont ni bouchées ni encrassées.
Si vous retardez l’allumage, faites-le progressivement : une pièce inoccupée laissée très froide et portes fermées reste la plus exposée. Garder les portes intérieures ouvertes en journée aide l’air à circuler et limite les écarts entre les pièces.
Questions fréquentes #
Quel taux d’humidité viser chez soi ?
La fourchette de confort habituellement citée va de 40 à 60 %. Au-delà de 70 % de façon durable, le risque de moisissures sur les surfaces froides augmente nettement.
Baisser le chauffage fait-il apparaître des moisissures ?
Pas automatiquement. Baisser la température fait monter l’humidité relative, et le risque apparaît si l’air reste humide longtemps sans ventilation suffisante.
Faut-il aérer en hiver ?
Oui, l’ADEME recommande d’ouvrir grand 5 à 10 minutes par jour, plutôt que de laisser une fenêtre entrebâillée.
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